Stocker l’électricité dans la mer ?

la merUn des reproches les plus récurrents que l’on peut entendre à propos des énergies renouvelables concernent leur productivité qui n’est parfois pas à la hauteur des attentes que l’on en a par rapport à celle des énergies considérées comme moins « propres ».

Toutefois, ce que peu de gens savent est qu’il arrive aussi parfois que ces énergies renouvelables produisent trop ! Nous allons ici nous intéresser sur une solution en plein développement visant à stocker ces surplus de production, là aussi de façon écoresponsable bien entendu.

 

Un principe bien connu

La solution à bien des problèmes se trouverait dans les océans qui peuplent la planète d’après certains scientifiques. La solution la plus aboutie à ce jour est appelée STEP, acronyme de « station de transfert d’énergie par pompage ». Le principe repose sur un effet de physique connu depuis des siècles : l’énergie est directement liée à l’altitude. Expliqué plus simplement cela signifie que lorsqu’on soulève un objet plus haut qu’il ne l’était initialement, on doit lui fournir une énergie (par exemple lorsqu’on ramasse un livre par terre pour le mettre sur une étagère), et cette énergie, appelée « énergie potentielle de pesanteur »,  une fois l’objet posé reste à l’intérieur de celui-ci. Toute la démarche des scientifiques a donc été de trouver un moyen d’utiliser cette énergie stockée, chose qui n’avait pas pu être réalisée jusqu’alors.

Appliqué à l’eau, ce principe se traduit par deux réservoirs d’altitudes différentes. Lorsque la consommation d’énergie est faible ou lorsque la production est plus forte (par exemple grâce à des conditions météorologiques favorables dans le cas d’éoliennes ou de panneaux solaires), l’énergie en surplus est utilisée pour actionner des pompes hydrauliques qui transfèrent l’eau de la partie basse du système (réservoir de plus faible altitude) à la partie haute (réservoir de plus haute altitude). Dès que les conditions climatiques changent ou que la consommation augmente, l’eau située en hauteur est relâchée dans des tuyaux pourvus d’une turbine directement reliés au réservoir du bas. Ces turbines, lorsque traversées par l’eau en mouvement, vont alors se mettre à tourner et à produire de l’énergie électrique qui pourra être par la suite être utilisée de façon tout à fait normale.

Cette solution, bien que semblant idéale d’un point de vue écologique (le système s’auto actionne grâce à l’énergie produite en surplus) et ne nécessitant pas de grosses infrastructures pour être mis en œuvre, trouve ses limites dans les contraintes de terrain qu’elle impose. Ce système de stockage d’énergie nécessite en effet de fort dénivelés pour être réellement utile, afin que la différence entre les deux bassins soit maximale et que l’énergie en résultant soit réellement conséquente. Il faut par ailleurs avoir de l’eau provenant d’un lac, d’une rivière ou de la mer par exemple à proximité, ce qui limite là encore les sites d’implantations possibles. Néanmoins la France a adopté une position avant-gardiste dans cette technologie de stockage d’énergie puisqu’elle possède six stations réparties principalement dans le sud, mais il en existe aussi plus au nord (dans les Ardennes à Revin par exemple). EDF est l’unique exploitant de ces stations, et confirme sa volonté de développer ce système en affirmant vouloir développer une septième station dans la vallée de la Romanche dans le Sud-Ouest de la France.

 

De nombreux projets en cours

Cette technologie des STEP est par ailleurs en plein essor et de nombreux projets visant à s’affranchir des limites qu’on a pu aborder précédemment sont en cours de développement, afin d’éviter au maximum les pertes d’énergies d’installations déjà très coûteuses initialement. L’un des projets les plus ambitieux est mené par une entreprise d’origine danoise : Green Island. Partant du fait que le Danemark ne possédait pas de sites propres à l’installation de STEP mais de nombreux parcs éoliens offshore, les ingénieurs de l’entreprise ont essayé de développer un nouveau type de station pour se plier à ses contraintes.

L’idée est de construire de façon totalement artificielle une île cerclée de digues, d’éoliennes et de panneaux solaires en pleine mer, avec un immense bassin creusée en son centre qui servirait de zone basse. On retrouve alors le principe des stations déjà existantes, avec cette fois ci une solution applicables directement à des champs éoliens offshore. Néanmoins cette innovation n’est encore qu’à l’état de projet devant les coûts et la complexité technique des chantiers, mais nul doute que d’ici quelques années, on saura tirer parti au maximum des possibilités offertes par les énergies renouvelables !

1 Commentaire

  1. Quentin

    LE grand défi des prochaines années : le stockage de l’énergie. Actuellement, effectivement seuls les STEP sont suffisamment rentable. Il est toujours intéressant de voir ce qu’il sera possible de faire demain. En effet, tant qu’on n’a pas de système de stockage suffisants, l’essor des Energies renouvelables est voué à l’échec à cause de leur intermittence.

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